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Elle sera axée sur une approche globale destinée à tous les acteurs selon leurs objectifs, afin de développer une agriculture moderne répondant aux règles du marché en s’appuyant sur les investissements privés, à travers le financement de 700 à 900 projets d’un coût total de 10 à 15 milliards de DH annuellement.
Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, M. Aziz Akhannouch, a présenté, mardi 22 avril 2008 devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI les grandes lignes de la nouvelle stratégie de l’agriculture marocaine "Plan Maroc vert " lors de la séance d’ouverture des Premières assises nationales de l’agriculture à Meknès.
Le plan" Maroc Vert " qui sert de programme pragmatique et ambitieux pour la réalisation d’un développement rapide de l’agriculture nationale au profit de l’ensemble des acteurs s’articule autour de six idées se rapportant tout d’abord à une conviction claire selon laquelle l’agriculture doit être le principal moteur de croissance de l’économie nationale sur les 10 à 15 prochaines années, avec des impacts colossaux en termes de croissance du PIB, de création d’emplois, d’exportation et de lutte contre la pauvreté, a-t-il expliqué.
La deuxième idée considère que l’agriculture doit être pour tous sans exclusive au travers d’une stratégie différenciée adaptée à chaque type d’acteurs, rompant avec la conception classique distinguant entre agriculture moderne et agriculture sociale et prenant en considération la diversité des acteurs et leurs contraintes intrinsèques et socio-économiques .
Le Maroc se doit, selon la 3ème idée, de traiter la problématique de fond de l’agriculture : la faiblesse du tissu des acteurs, autour de modèles d’organisation innovants, en suivant des exemples qui ont fait leur preuve à l’international et au Maroc, comme l’agrégation.
Concernant la 4ème idée à la base de la nouvelle stratégie agricole, elle porte sur la nécessité de promouvoir l’investissement privé, accompagné si nécessaire de l’aide publique.
Dans cette perspective, la 5ème idée plaide pour l’adoption d’une approche transactionnelle autour de la mise en oeuvre concrète sur le terrain de 1.500 projets définis sur la base d’un modèle économique ciblé.
La sixième idée recommande qu’aucune filière de production n’est condamnée au Maroc et que toutes les filières ont leur chance de réussite. Il s’agit de donner aux acteurs le maximum de chance de réussir cette mutation.
La stratégie est axée sur une approche globale destinée à tous les acteurs selon leurs objectifs, sur la base de deux piliers. Le premier pilier porte sur le développement d’une agriculture moderne répondant aux règles du marché en s’appuyant sur les investissements privés, à travers le financement de 700 à 900 projets d’un coût total de 10 à 15 milliards de DH annuellement.
Le deuxième pilier concerne le développement d’une approche pour la lutte contre la pauvreté, à travers l’amélioration des revenus des agriculteurs les plus précaires, notamment dans les zones enclavées.
Dans ce cadre, il sera procédé au financement de 300 à 400 projets sociaux inscrits dans le cadre d’un plan régional visant la reconversion des agriculteurs précaires dans des activités à haute valeur ajoutée et moins sensibles aux précipitations.
Il s’agit aussi, a-t-il ajouté, d’encourager les projets de production intensive dans les domaines aussi bien de production animale que végétale, à travers l’encadrement des agriculteurs et leur qualification pour avoir un revenu supplémentaire.
La dynamisation de ces deux piliers, a affirmé le ministre, doit être accompagnée d’une refonte du cadre sectoriel par le biais de l’agrégation du foncier et l’adoption d’une nouvelle politique d’irrigation pour la mise à niveau des infrastructures du secteur de l’irrigation moderne, l’amélioration des conditions définissant le cadre du libre-échange dans le domaine d’exportation, en tenant compte des produits à grande sensibilité à l’importation, outre la modernisation du marché national et le renforcement des organisations agricoles et la réforme institutionnelle du ministère de l’agriculture.
Selon M. Akhannouch, le plan Maroc vert aura sans doute des répercussions positives sur l’économie nationale ainsi que sur le marché de l’emploi en ce sens que cette stratégie cible un million d’entreprises agricoles et va générer un produit intérieur supplémentaire de 70 à 100 milliards de DH.
Ce plan de relance, a-t-il expliqué, a pour but d’impulser une nouvelle dynamique d’investissement au niveau national d’une valeur de 10 milliards de DH annuellement, comme il devra conforter les efforts déployés dans le cadre de l’Initiative nationale pour le Développement humain, surtout en milieu rural.
Le ministre a souligné que le véritable défi demeure la mise en ouvre de ce plan sur le terrain, eu égard à l’ampleur et au caractère complexe des chantiers, situation qui requiert, a-t-il estimé, un consensus et une coordination avec l’ensemble des organismes et les départements ministériels concernés ainsi que la mobilisation des ressources hydriques nécessaires.
Il a proposé la création d’un comité ministériel de pilotage et d’une agence spéciale de développement pour assurer la mise en ouvre de cette stratégie et servir d’interlocuteur pour les investisseurs sociaux et privés.
Le ministre a également recommandé la contribution du budget public pour assurer un financement supplémentaire durant les 10 prochaines années, ainsi que du Fonds Hassan II pour le développement économique et social, en plus des contributions des bailleurs de fonds internationaux, tels l’UE, les coopérations française et britannique et des investisseurs privés.
L’évaluation des résultats préliminaires de cette stratégie aura lieu prochainement, sachant que les investissements dans certaines chaînes de production ne tarderont pas à porter leurs fruits durant la première année de l’exécution de cette stratégie, a conclu le ministre.
* Source : Direction des investissements
Publié le : 26/05/2008
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