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La conjoncture nationale aurait été marquée, en 2006, par une amélioration des échanges extérieurs, un raffermissement de l’offre d’emplois et une hausse des prix de détail à la consommation. Les informations collectées jusqu’au mois de novembre confirment, ainsi, les prévisions annoncées auparavant. La croissance économique aurait atteint 7,4% au second semestre 2006.
L’économie primaire aurait bénéficié d’une bonne campagne céréalière (92 millions de quintaux).
En revanche, le secteur de la pêche côtière aurait subi l’impact du recul du tonnage débarqué (-16,2% à fin novembre 2006). La croissance dans l’industrie se serait renforcée grâce au dynamisme de la demande adressée aux activités des IMME, de l’agro-alimentaire et de la confection. Les exportations de cette dernière se sont, en effet, inscrites en hausse de 18,3%, au terme des onze premiers mois.

L’embellie qui caractérise le secteur du BTP, ces trois dernières années, s’est poursuivie en 2006. Le secteur continue de profiter des grands chantiers en cours et des conditions de financement attractives, avec des niveaux de taux d’intérêt bancaires relativement modérés, comme en témoigne la hausse des crédits à l’immobilier de 27,8%, à fin novembre, en variation annuelle. De même, les services marchands auraient réalisé de bonnes performances, appuyés par l’évolution favorable des activités touristiques, de transports et des communications. Durant les onze premiers mois de l'année 2006, les nuitées touristiques ont progressé de 7,1% et le trafic aérien de passagers a réalisé une hausse de 13,3 %, par rapport à la même période de l'année 2005.

Le bon comportement des activités sectorielles traduit, en fait, l’évolution favorable de la demande intérieure. La consommation des ménages résidents se serait inscrite sur une pente ascendante, en dépit de la hausse de l’indice du coût de la vie de 3,3%, profitant des gains de pouvoir d’achat induits par l’amélioration des revenus agricoles et la progression de l’emploi. Globalement, le taux de chômage s’est établi à 10%, en baisse de 0,9 point par rapport à la même période de l’année qui précède. Pour sa part, la demande des non-résidents aurait bénéficié de l’augmentation de 26% des recettes voyages, tandis que l’évolution de la consommation publique aurait été marquée par la baisse de 5,3% des dépenses de fonctionnement.

Par ailleurs, l’investissement a sensiblement progressé, sous-tendu par une amélioration des dépenses en biens d’équipement et une accélération des investissements en immobilier et en travaux publics. Les importations de biens d’équipement ont crû de 13,4%, à fin novembre, parallèlement à un renforcement de 13% des crédits à l’équipement.

Sur le plan des échanges extérieurs, la demande étrangère adressée au Maroc s’est renforcée de 9,2%, en variation annuelle, au cours des neuf premiers mois de l’année 2006, profitant d’un environnement international relativement porteur. La vigueur des exportations (13,1%) par rapport aux importations (10,1%), au terme des onze premiers mois de l’année, s’est traduite par un creusement du déficit commercial beaucoup moins important que l’année qui précède (6,9% contre 24,9%) et une amélioration du taux de couverture de 1,4 point. L’amélioration des recettes touristiques et des transferts des MRE a permis d’alimenter les disponibilités en devises. Les avoirs extérieurs pourraient, ainsi, couvrir l’équivalent de 11,9 mois d’importation.

Concernant le budget de l’Etat, la bonne tenue de la croissance économique en 2006 et la non récurrence de certaines charges exceptionnelles ont permis de desserrer légèrement l’étau sur les finances publiques et ce, malgré la pression des cours élevés du pétrole. Au terme des onze premiers mois de l’année, les recettes budgétaires, hors privatisation, se sont améliorées de 14,8%, en variation annuelle, tandis que les dépenses budgétaires n’ont augmenté que de 2,8%, en raison du repli des charges de fonctionnement. Ainsi, le solde budgétaire a affiché un déficit temporaire en nette régression, évalué à 2,44 milliards de dh.

Quant au financement de l’économie, la masse monétaire a progressé de 14%, en glissement annuel, au troisième trimestre de 2006, entrainant une situation d’abondance de liquidité. Le bas niveau des taux d’intérêt a continué d’attiser la distribution de crédits au secteur marchand, tout particulièrement à l’habitat et, dans une moindre mesure, à l’investissement et à la consommation. Les concours à l’économie se sont, ainsi, accrus de 7,9%, à la même période.

Au niveau du marché boursier, la performance globale des indices MASI et MADEX s’est élevée, en 2006, à 71,1% et 77,7% respectivement. Le nombre d’entreprises nouvellement cotées a été important et la demande des titres de capital s’est sensiblement accrue, ce qui a permis de soutenir les cours des principales valeurs cotées.

Les perspectives de croissance pour l’année 2007 augurent d’un éventuel ralentissement, sous l’effet d’une campagne agricole inférieure à la moyenne et d’un environnement international relativement moins porteur. L’économie mondiale serait, en effet, marquée par une décélération des échanges commerciaux ; ce qui pourrait se traduire par un certain tassement de la demande étrangère adressée au Maroc. En revanche, les prix du pétrole pourraient fléchir davantage, après les records historiques atteints en 2006. La modération de l’inflation qui en découlerait et la baisse de l’impôt sur les revenus prévus pour 2007 seraient de nature à améliorer les revenus des ménages et à soutenir la consommation domestique. Cette tendance serait favorisée, entre autres, par la poursuite du dynamisme des secteurs tertiaires qui devraient profiter de la consolidation des activités touristiques, de transports et de télécommunications, avec la libéralisation du transport aérien entamée en 2006 et l’arrivée de nouveaux opérateurs dans le domaine de la communication.

Dans l’ensemble, et sous l’hypothèse d’une production agricole modeste, la croissance du PIB, selon la nouvelle base 1998, pourrait s’établir aux environs de 2,7%, en glissement annuel, au cours du premier trimestre 2007.
Source : Haut commissariat au plan