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• Le ministre compte sur la croissance du PIB et des recettes fiscales
• Habitat social: si le privé n’en veut pas, l’Etat le fera
Depuis le début des débats parlementaires autour de la loi de Finances, Mezouar a souvent le nez sur le guidon. Mais il garde toujours son calme face aux critiques des députés. Dans cette interview, il commente le déroulement des débats dans la première chambre et répond aux critiques des promoteurs immobiliers et des sociétés de crédits à la consommation.
- L’Economiste: Peut-on dire que vous avez cédé aux exigences fiscales de l’USFP pour faire valider la loi de Finances à la Chambre des représentants?
- Salaheddine Mezouar: Il n’est pas question de céder ou de ne pas céder. Le plus important c’est qu’il y a eu un débat constructif avant le vote du projet. Cette expérience montre l’engagement du Parlement et son implication dans les actions du gouvernement. Ceci dit, le volet fiscal, qui intègre l’IS et l’IR, est au cœur de politique globale de réforme. Nous avons commencé avec la réforme de l’IS qui présentait les taux les plus élevés pour les entreprises. La refonte de l’IR est tout aussi nécessaire pour la réduire de la pression fiscale aussi bien sur les salariés que les employeurs. D’autant plus que les besoins des entreprises en termes d’encadrement et de qualification ont sensiblement changé.
- Cette politique est claire, mais êtes-vous prêt à tenir les engagements convenus avec l’USFP et annoncé durant la séance plénière?
- Les réformes fiscales annoncées ne sont pas l’apanage d’une seule formation politique.
L’ensemble des composantes de la majorité les a d’ailleurs proposées. Mais nous avions convenus qu’il n’était pas nécessaire de les présenter lors des débats. De toute façon, nous sommes prêt à assumer nos engagements et nous en avons les moyens. Les niveaux de croissance de l’économie et la progression rapide des recettes fiscales nous donnent les moyens d’aller jusqu’au bout.
· Les promoteurs immobiliers, les banquiers ainsi que d’autres opérateurs du logement social estiment que le nouveau produit à 140.000 DH n’est pas réalisable.
- Nous sommes surpris par cette position qui condamne la nouvelle mesure bien avant son entrée en vigueur. Nous ne pouvons juger de la réussite de ce produit avant sa mise en œuvre sur le terrain.
En tout cas, si les opérateurs privés n’adhérent pas à ce projet, l’Etat est prêt à le réaliser via ses structures spécialisées.
- Le statut fiscal de Tanger sera débattu à la Chambre des conseillers. Quelle est votre position?
- Il est inutile d’anticiper les débats parlementaires. Vous écouterez ma position par rapport à la question durant les réunions de la commission des Finances. D’ailleurs, ce sujet ne concerne pas que Tanger. Il s’entend à l’ensemble des régions qui disposent de régimes fiscaux spécifiques.
- Le lobbying des sociétés de leasing leur a permis d’avoir gain de cause par rapport au remboursement de TVA. Mais le relèvement du taux à 20% pénalise toujours les opérateurs de LOA automobile. Cette mesure est-elle équitable pour ce secteur qui cible la classe moyenne?
- Les sociétés de crédits à la consommation qui offrent le LOA automobile opèrent sur un marché compétitif. Elles sont tenues d’agir sur toutes les composantes de leur offre pour maintenir l’attractivité de leur produit. Je ne crois pas que la seule solution est de répercuter des 10% de la TVA sur le client.
Les sociétés de crédits à la consommation peuvent bien faire des efforts pour maintenir les mensualités au même niveau.
Les gouvernements successifs ont investi des sommes colossales pour permettre à ce secteur d’atteindre sa maturité. Les opérateurs concernés ne peuvent pas compter perpétuellement sur les avantages fiscaux. D’ailleurs, ils bénéficieront désormais du remboursement de la TVA plafonné à trois mois.
Propos recueillis par Nouaim SQALLI
L’Economiste du 07/12/2007
Publié le : 18/12/2007
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